Sur cette page, je m'essaye à laisser couler ma main et mon stylo, ou plutôt mes doigts et les touches de mon clavier. J'ai dû réduire un peu le rythme dactylographique car le stylo d'habitude laisse plus de temps pour formuler en direct les pensées. Mais c'est mieux comme ça, j'écris très mal et je suis trop brouillon. Brouillon sur une feuille, brouillon dans ma tête. En effet, je ne sais pas toujours où je veux en venir, je ne sais pas toujours si j'ai vraiment un truc à dire, ou si c'est vraiment ça que je pense. Alors j'écris, j'écris, puis j'élague, j'élague, puis je modifie, je modifie. Je raye, je mets des flèches. J'inverse les strophes, je les remets comme avant, puis je change un phrase, j'enlève un "et" inutile, un "puis" trop récurrent, un temps pas compatible. Je conjugue, j'astique et j'asticote mon texte, jusqu'à ce qu'une mélodie résonne et raisonne dans ma tête. Mais pas pour celui-ci. Ce texte il restera brut, juste pour me rappeler pourquoi j'écris. Il faut qu'il soit comme le vent, constant, unidirectionnel. Qu'il aille d'un poin A inconnu, à un point B inconnu. Ah, je viens de voir apparaitre une petite vague rouge sous un mot. Je n'y touche pas, c'est joli, ça donne de la couleur à mon texte. Il y aura des fautes, des incohérences, et aucun sens. Ce texte, n'a aucun but, ce texte est brut et ne sert à rien. D'ailleurs à quoi ça sert de servir à quelque chose ? Si je suis inutile, et bien soit. Mon inutilité trouvera bien un jour utilité, ou pas. Dur en tout cas. Difficile de ne pas faire pour servir, pour un regards, pour un jugement. Difficile d'obtenir cet état brut. Mais cet état brut existe-t-il vraiment ? Quel est-il d'ailleurs? Cet état brut je crois bien que c'est les autres. Se dire autodidacte ou s'être construit seul, c'est une grosse arnaque. Tu peux lire des bouqins (oh, encore un peu de couleur sur mon texte.) Tu peux lire des bouquins, je disais, tu peux regarder des documentaires tout seul, tu peux écouter de la musique enfermé dans tes écouteurs. Bah tout ça c'est les autres. En fait il y a toujours une ou plusieurs personnes derrière toutes choses. Quand tu te fais à manger seul, tu utilises le lait de la vache, le travail de l'artisant (oui en effet il n'y a pas de t à artisan), l'oeuf de la poule, la carotte du maraicher. Quand tu t'instruis c'est pareil. Quand tu gouvernes c'est pareil. Quand tu lis, quand tu crées, quand tu peints. Même ton imaginaire c'est les autres. Ton imaginaire n'est rien d'autre qu'une altération ou un mix de plusieurs choses. Tout comme ce texte d'ailleurs, qui n'a ni queue ni tête. Il appartient aux autres, il est des autres. Cette vague divaguante (ont-il ajouté un u à divagant dans la réforme de l'orthographe ? Ce serait logique.) Cette vague divagante n'est que le fruit pas assez mûr de l'observation, de l'écoute, et de milles vécus. Je m'arrête ici car je trouve ça bien pour un point B inconnu. Je vais appeler ce texte "la vague" d'ailleurs. Prendre son origine aléatoirement, grossir petit à petit pour finalement s'écraser. La vague, ouais, ça claque comme nom.
Absilence
J'aime bien ce texte moi :-)
RépondreSupprimerJ'aime bien ce texte moi :-)
RépondreSupprimerSuper beau texte mon Vince. Beau comme les étoiles pour le ciel d'automne. Je l'aime et toi aussi. Bises. Baboo
RépondreSupprimerTu me surprends à chacun de tes écrits, j'aime. Tu es talentueux même si autodidacte arnaqueur...
RépondreSupprimerCatherine