Iris
Paupière
Éclipse
Iris
Paupière
Éclipse
Iris
...
Je m'endormais à moitié devant un film quelconque, complètement nul en fait mais c'est pas important, et je me suis demandé si dans la vie c'est comme dans le cinéma. Est-ce que les gens meurent les yeux grand ouvert afin qu'un protagoniste, souvent le héros, puisse les refermer avec ses doigts, en gros plan cadré sur le visage apaisé du défunt.
Je me suis dit qu'à l'heure de mourir, j'aurai tellement peur, que mon premier réflexe sera de fermer les yeux, en attendant que ça se passe. Même si elle frappe par surprise, je pense qu'il ne me faudra pas plus d'un quart de seconde pour fermer les yeux. Et que ça m'aidera beaucoup, que je n'aurai qu'à me dire que c'est comme aller se coucher un peu malade, que ce n'est pas grave, que la douleur ne sera plus lorsque je les rouvrirai après une bonne nuit de repos.
Je me suis dit que les yeux, c'est une peu la partie inaliénable
de notre corps. Que seule la mort les altère et que c'est peut-être pour
ça qu'on ferme les yeux des morts ; afin de garder un souvenir impérissable, représentatif de toute une vie, avant que le voile ne s'installe.
Car en prenant une minute pour penser à tous ces gens très proches, qui devant moi ont traversé les années, je me suis rendu compte qu'ils sont tous passés par plusieurs coiffures ou codes vestimentaires selon les modes et les envies.
Qu'ils ont gagné ou perdu, ou gagné puis perdu, un peu de poids, ou qu'ils ont pris quelques rides, ou quelques idées.
Qu'ils ont traversé des moments de joie ou des moments plus difficiles qui ont rendu leurs visages tantôt lumineux, tantôt moribonds. Que certain se sont affaissés, que d'autres se sont aguerris.
Et j'ai pensé à mon père qui à bientôt soixante piges a toujours les mêmes, les mêmes yeux.
Ils sont toujours bleus. Il y a aussi toujours un peu de noir, un peu de blanc.
Ils font toujours la même taille et surtout, ils regardent toujours de la même façon. Que ce soit moi, mes frères et sœurs, ma mère. Je vois toujours ce mélange de fierté et d'inquiétude que la langue n'arrive pas à exprimer. Et ça suffit. Ça rassure aussi, car ça ne changera pas en fait.
J'ai compris à cet instant que les yeux, ça ne vieillit pas.
Et que ça ne ment pas non plus.
D'ailleurs les paupières, c'est un peu comme des rideaux.
Ça nous permet de ne pas voir quand il pleut dehors, à l'heure où nous sommes réchauffés par notre intimité.
Ça
nous protège aussi des regards indiscrets qui pourraient être les témoins du
désordre qu'il y à l’intérieur de notre maison, ou de nous-même.
Oui, comme des rideaux, car rien n'est aussi
brut que la lecture des yeux pour qui veut les lire.
Qu'ils soient secs, humides, plissés, rieurs, circonspect, et j'en passe... Il y toujours dans les yeux une vérité, permanente et instantanée à la fois, qui vous trahit en chaque instant.
Tout comme Arno, je vois toujours une lumière, dans les yeux de ma mère. Et pour éviter de la voir s'éteindre cette lumière, je préfère baisser le rideau, pour qu'elle n'ait pas à le faire.
Iris
Paupière
Éclipse
Absilence
Random Pick!
dimanche 21 février 2016
samedi 13 février 2016
lundi 8 février 2016
Imago
Il y a des histoires,
Qui commencent à 30 piges,
Puis une rencontre,
Et là le temps se fige,
Pire que ça,
Il te tourne le dos,
En un claquement de doigts,
T'es redevenu ado.
Qui commencent à 30 piges,
Puis une rencontre,
Et là le temps se fige,
Pire que ça,
Il te tourne le dos,
En un claquement de doigts,
T'es redevenu ado.
La chasse aux papillons,
On en a tous bavé,
A s'en remplir le ventre,
Puis à les apprécier,
Avec une longue sieste,
Qui dure plusieurs années,
Ou une indigestion,
Pour les moins fortunés.
On en a tous bavé,
A s'en remplir le ventre,
Puis à les apprécier,
Avec une longue sieste,
Qui dure plusieurs années,
Ou une indigestion,
Pour les moins fortunés.
On fini par se méfier,
De ces lépidoptères,
On chasse la chenille,
Qui a milles pieds sur terre,
Pas sur de voir la nymphe,
Elle ira peut-être ailleurs,
Mais la mue est patiente,
Elle attend la bonne heure.
De ces lépidoptères,
On chasse la chenille,
Qui a milles pieds sur terre,
Pas sur de voir la nymphe,
Elle ira peut-être ailleurs,
Mais la mue est patiente,
Elle attend la bonne heure.
Et quand le papillon,
Commence à s'éveiller,
Si la chenille en face,
Elle est bien comme elle est,
Pour pas mourir trop vite,
Il reste dans le cocon,
Paralysie de soie,
Est-elle la solution?
Commence à s'éveiller,
Si la chenille en face,
Elle est bien comme elle est,
Pour pas mourir trop vite,
Il reste dans le cocon,
Paralysie de soie,
Est-elle la solution?
Belle comme les autres,
Mais un peu plus quand même,
A en avoir la tremblote,
A en écrire un poème,
C'est pas venu de suite,
Tout ces trucs dans le bide,
Les choses se sont construites,
Jusqu'à la chrysalide.
Chich
Mais un peu plus quand même,
A en avoir la tremblote,
A en écrire un poème,
C'est pas venu de suite,
Tout ces trucs dans le bide,
Les choses se sont construites,
Jusqu'à la chrysalide.
Chich
dimanche 7 février 2016
Fuck the Shut Up!
L'absilence, c'est l'acouphène qui plombe certaines nuits.
C'est dire au monde quel est le bon coté.
C'est voir, entendre, savoir, comprendre, et changer.
C'est prendre tout ça, et le donner à autrui.
L'absilence, c'est aussi ce qu'on voudrait être.
C'est par la peur de l'erreur, ne plus être asservi.
C'est se taper un far quand on en a envie.
C'est accepter l'échec, oser se compromettre.
L'absilence, c'est dire merde aux cons, aux corrompus, aux tyrans.
C'est aussi dire ce qui est bon, ce qui est drôle, ce qui est beau.
C'est dessiner avec un stylo, un crayon ou la musique des mots.
C'est des chansons, des tableaux ; pour aveugles et malentendants.
L'absilence, c'est dire pardon, je t'aime ou merci.
C'est pourfendre les malentendus, les non-dits.
C'est réduire au silence notre aphonie.
C'est l'écriture, c'est le slam, c'est la poésie.
Absilence
C'est dire au monde quel est le bon coté.
C'est voir, entendre, savoir, comprendre, et changer.
C'est prendre tout ça, et le donner à autrui.
L'absilence, c'est aussi ce qu'on voudrait être.
C'est par la peur de l'erreur, ne plus être asservi.
C'est se taper un far quand on en a envie.
C'est accepter l'échec, oser se compromettre.
L'absilence, c'est dire merde aux cons, aux corrompus, aux tyrans.
C'est aussi dire ce qui est bon, ce qui est drôle, ce qui est beau.
C'est dessiner avec un stylo, un crayon ou la musique des mots.
C'est des chansons, des tableaux ; pour aveugles et malentendants.
L'absilence, c'est dire pardon, je t'aime ou merci.
C'est pourfendre les malentendus, les non-dits.
C'est réduire au silence notre aphonie.
C'est l'écriture, c'est le slam, c'est la poésie.
Absilence
La Vague
Sur cette page, je m'essaye à laisser couler ma main et mon stylo, ou plutôt mes doigts et les touches de mon clavier. J'ai dû réduire un peu le rythme dactylographique car le stylo d'habitude laisse plus de temps pour formuler en direct les pensées. Mais c'est mieux comme ça, j'écris très mal et je suis trop brouillon. Brouillon sur une feuille, brouillon dans ma tête. En effet, je ne sais pas toujours où je veux en venir, je ne sais pas toujours si j'ai vraiment un truc à dire, ou si c'est vraiment ça que je pense. Alors j'écris, j'écris, puis j'élague, j'élague, puis je modifie, je modifie. Je raye, je mets des flèches. J'inverse les strophes, je les remets comme avant, puis je change un phrase, j'enlève un "et" inutile, un "puis" trop récurrent, un temps pas compatible. Je conjugue, j'astique et j'asticote mon texte, jusqu'à ce qu'une mélodie résonne et raisonne dans ma tête. Mais pas pour celui-ci. Ce texte il restera brut, juste pour me rappeler pourquoi j'écris. Il faut qu'il soit comme le vent, constant, unidirectionnel. Qu'il aille d'un poin A inconnu, à un point B inconnu. Ah, je viens de voir apparaitre une petite vague rouge sous un mot. Je n'y touche pas, c'est joli, ça donne de la couleur à mon texte. Il y aura des fautes, des incohérences, et aucun sens. Ce texte, n'a aucun but, ce texte est brut et ne sert à rien. D'ailleurs à quoi ça sert de servir à quelque chose ? Si je suis inutile, et bien soit. Mon inutilité trouvera bien un jour utilité, ou pas. Dur en tout cas. Difficile de ne pas faire pour servir, pour un regards, pour un jugement. Difficile d'obtenir cet état brut. Mais cet état brut existe-t-il vraiment ? Quel est-il d'ailleurs? Cet état brut je crois bien que c'est les autres. Se dire autodidacte ou s'être construit seul, c'est une grosse arnaque. Tu peux lire des bouqins (oh, encore un peu de couleur sur mon texte.) Tu peux lire des bouquins, je disais, tu peux regarder des documentaires tout seul, tu peux écouter de la musique enfermé dans tes écouteurs. Bah tout ça c'est les autres. En fait il y a toujours une ou plusieurs personnes derrière toutes choses. Quand tu te fais à manger seul, tu utilises le lait de la vache, le travail de l'artisant (oui en effet il n'y a pas de t à artisan), l'oeuf de la poule, la carotte du maraicher. Quand tu t'instruis c'est pareil. Quand tu gouvernes c'est pareil. Quand tu lis, quand tu crées, quand tu peints. Même ton imaginaire c'est les autres. Ton imaginaire n'est rien d'autre qu'une altération ou un mix de plusieurs choses. Tout comme ce texte d'ailleurs, qui n'a ni queue ni tête. Il appartient aux autres, il est des autres. Cette vague divaguante (ont-il ajouté un u à divagant dans la réforme de l'orthographe ? Ce serait logique.) Cette vague divagante n'est que le fruit pas assez mûr de l'observation, de l'écoute, et de milles vécus. Je m'arrête ici car je trouve ça bien pour un point B inconnu. Je vais appeler ce texte "la vague" d'ailleurs. Prendre son origine aléatoirement, grossir petit à petit pour finalement s'écraser. La vague, ouais, ça claque comme nom.
Absilence
Absilence
Inscription à :
Articles (Atom)