J’voulais
vous lire un texte, ce soir,
J’vais
pas pouvoir, désolé...
C’est pas
d’ma faute,
C’est à cause du chat noir, qui m’a
rongé le cerveau...
Il restait
là, planté devant moi,
A m’mater et attendre,
Que je range
mes pensées,
Que je
caresse une idée du bout des
doigts...
J’ai essayé
de me laisser bercer ses ronrons,
Mais j’me suis
fait surprendre, comme un
con...
J'l’ai
laissé m'croiser.
J’voulais
écrire un texte, pour ce soir,
J’pensais
pouvoir, mais j’ai eu
tort...
C’est pas d'ma faute,
C’est celle
des rats morts,
Des rares
mots,
Qui sortent de ma bouche,
Qui sortent de ma bouche,
Qui sortent
des égouts,
Émergent
de cette scène,
Envahissent les rails de rameaux
Et sous les
rames sèment en
pagaille,
Des rimes
qui riment à rien.
J’voulais
vous lire un texte, ce soir,
J’en avais
très envie,
J’pensais
pouvoir...
Parce que
j’l’avais dit,
Parce que j’lavais promis, à des amis,
Mais j’me
suis fait avoir...
J'me suis fait
rattrapé,
Par un
Vendredi,
Très en vie,
Très en vie,
Qui a fait
chaviré ce Robinson,
Maître
esseulé de la procrastination.
J’voulais
vous lire un texte, ce soir,
J’pensais
savoir,
Faire du
bruit,
Réduire au
silence mon aphonie,
Vous rendre
sourd, vous rendre fou,
A fond d'décibels,
Comme les
Blobby
Grimper sur
scène,
Grimper l’échelle...
Grimper l’échelle...
Mais
indécis, j’suis passé d'ssous.
J’voulais
écrire un texte,
Vous parler
du monde, vous parler de moi,
De moi, des
filles, mais surtout de moi...
J’voulais
parler politique, parler société,
Parler de
sex, d’argent, de pouvoir,
D’espoir.
Et de je ne sais quoi...
Et de je ne sais quoi...
J’voulais
parler de destins croisés,
Des grands
esprits qui s'rencontrent,
Des grands
esprits qui s'la racontent,
Des grands esprits qui nous
tapent sur l’écosystème...
J’voulais
lire mes poèmes,
Parler de
moi,
Ramener ma
science,
Exposer les
idées que j’n’ai pas,
Les idées
des autres,
Ce brouhaha, noyé dans l’absilence...
Ce brouhaha, noyé dans l’absilence...
Vous parler
de mes doutes,
De mes déroutes,
De mes déroutes,
De mes dénis...
Dénis
d’ennui,
Dénis d'tristesse,
Dénis des
nuits sans maîtresses...
J’voulais
prêcher,
Le faux et
son inverse,
L’effort et
la paresse,
Cracher mon
ivresse,
Puis traquer
les mots vendus,
A la criée, sur les marchés,
Scander en
vrac des vérités, jusqu’à craquer puis raquer,
Acheter en
masse des idées, ne rien y comprendre,
mais les semer,
A qui voudra
entendre, a qui voudra refaire,
Ce monde
tordu,
Autour d’un
verre,
Pour tout
oublier,
Dans les
vapeurs d’éther...
J’voulais,
Parler au
vent, aux bandits, aux vendus,
Dans un
désert, en solitaire, en sachant,
Que sur ces
terres, je serai entendu...
J’voulais
écrire un texte, pour ce soir,
Mais j’ai
pas pu désolé...
J’avais un
stylo, un bout de papier,
Mais dés les
premiers mots, mon style à tremblé...
J’étais
chaud pourtant, j’me disais,
Qu’il était
temps, de balancer,
Mes phrases
moroses,
Ma prose en
phase, avec des gens,
Mais mon
stylo à trembler,
Comme les
milles feuilles blanches,
De milles
et une nuit d’insomnies...
Alors, j’vais
retourner sur mon blog,
Lâcher en
ligne des punchlines,
Démagogues et
sans âme,
Et pratiquer l’e-slam.
Chich (Novembre 2013)
Chich (Novembre 2013)